07.04.2008

13e causerie

Jeudi  15 mai
À 19 H
À L'ALLIANCE FRANÇAISE
101 BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
MÉTRO N.D DES CHAMPS, ST PLACIDE
Michel Angot
présente
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Le Yoga, la parole sous le silence

En 1893,  Swami Vivekananda prend la parole au « Parlement des religions » qui se tient à Chicago. Sans doute ses paroles sont-elles plus ou moins bien informées. Mais grâce à lui l'Occident découvre la spiritualité indienne vivante, donc le yoga. Jusque là, la connaissance en était limitée à quelques érudits. Après lui, on découvre non sans ambiguïtés et quiproquos une discipline de l'esprit et du corps. Le yoga, puis les yogas se répandent en Occident. Le mot entre dans nos dictionnaires anglais, français. « Discipline traditionnelle indienne », le yoga devient de moins en moins en moins traditionnel, de plus en plus occidental. Si bien qu'aujourd'hui le yoga s'est largement émancipé de ses racines indiennes; un arbre et même plusieurs ont poussé : il y a un yoga qui est une sorte de gymnastique douce, un autre où l'on cherche principalement la relaxation du corps, voire l'apaisement de l'esprit. Il y a le yoga du son, un yoga proprement médical et toutes sortes de techniques dont certaines seulement sont nées en Inde, d'autres en Californie, d'autres en fonction des recherches personnelles des professeurs de yoga.

Certains des fondateurs du yoga moderne se sont tournés vers des maîtres indiens : l'engouement de l'Occident a donné du prix en Inde à des textes oubliés et des pratiques désuètes.  On a d'abord connu le « yoga de la force » (hatha-yoga) et finalement le texte le plus ancien du Yoga, le Yoga-Sûtra de Patanjali. Aussi bien le nom que l'auteur sont incertains. Cela importe peu : ce qui compte c'est qu'on touche là le texte fondateur d'une discipline spirituelle. 

Pendant deux mille ans, chacun a essayé de tirer parti du prestige et de l'autorité qui entouraient le Yoga-Sûtra. On a commenté, cité le Yoga-Sûtra ; Car le yoga originel, loin d'être une discipline du corps a été celle de l'esprit. Il était originellement réservé à ceux qui avaient accès à une expérience de yoga ultime, c'est-à-dire de silence éveillé et devaient, s'ils revenaient dans le monde, pouvoir prendre appui sur un texte indiscutable. Le Yoga-Sûtra a joué le rôle de Révélation dans une discipline originellement étrangère au monde brahmanique. Texte ésotérique et initiatique, le Yoga-Sûtra n'a pas été à l'origine d'une École. Les commentaires, notamment celui de Vyâsa, montrent que les brahmanes voulaient surtout amener le yoga dans la sphère brahmanique, le purger des éléments (notamment le vocabulaire) qui leur apparaissaient comme bouddhistes : il fallait habiller le yoga, la discipline de l'intériorité et du silence qui était au centre de toutes les nouvelles sensibilités et religions des brahmanes ; or ceux-ci, jusque là avaient été les spécialistes du monde et de la parole.

Aujourd'hui où les brahmanes n'existent plus que socialement, les modernes ont fait de Patanjali une sorte de professeur de yoga. Ce texte si peu didactique, si élitiste dans sa nature, est devenu une référence du yoga contemporain.
Dès lors, le Yoga-Sûtra est au cœur de trois regards différents :
― les pratiquants qui largement ignorent le texte même s'ils prétendent le pratiquer ;
― les philologues qui prétendent connaître le texte et ne le pratiquent pas; quand ils parlent de pratique, c'est celle des autres, des Indiens ;
― les maîtres indiens qui voient dans le Yoga-Sûtra une partie de leur patrimoine, mais ne le pratiquent guère et le connaissent peu.
Et entre les trois, il y a peu de points communs :
― « Comment peuvent-ils traduire et comprendre un texte qu'ils ne pratiquent pas ? » pensent les yogin de Paris et d'ailleurs. « Quel crédit apporter à la pratique et aux affirmations de gens qui ne connaissent pas ou superficiellement la langue de leur texte de référence ? » disent les philologues. « Qui sont ces Occidentaux qui prétendent savoir mieux que nous ce que disent nos textes sacrés ? » pensent les descendants des brahmanes. Il existe des passerelles entre ces regards mais, dans l'ensemble, c'est surtout la méfiance et surtout l'ignorance qui  règne.

Le but de cette causerie est double : expliquer, autant que faire se peut, le yoga de l'époque de son auteur d'il y a deux mille ans ? Pour qui, pourquoi l'ouvrage a-t-il été énoncé ? Quel était le but du yoga ? Pourquoi en sanskrit, la langue d'une toute petite élite intellectuelle que presque personne ne comprenait ? Des questions simples mais qui s'avèrent décisives.
L'autre but est de montrer que, bien que plongeant ses racines dans la culture de son temps, énoncé en sanskrit en direction d'une élite spirituelle, le Yoga-Sûtra se révèle aussi largement universel, pour peu qu'on extraie de lui les quelques éléments contextuels. C'est à ce prix que, texte d'éternité, le Yoga-Sûtra révèle son actualité.

15.03.2008

Gros succès populaire

Ceux qui ne sont pas venus à la Joute oratoire auront raté quelque chose de chic !

C'est l'équipe des pro-pétition-des-fabricants-de-lanternes qui a gagné le bouquet de roses (la belle Négar Haeri avait osé commencer son speech par ces mots d'une sobriété toute antique : "Le jour nuit !")

Les couronnes de laurier ont été partagées démocratiquement entre les deux équipes. 

Le public enthousiaste a même demandé que cette séance ait une suite, et avant 2009, s'il vous plaît.

Le public est décidément insatiable. 

Certains, qui n'avaient pu venir (Frédéric Mengès qui plaidait ce soir-là, Jean-Laurent Cochet qui jouait ce soir-là) ont demandé de participer la prochaine séance. On ne va pas tout de même pas les décevoir !

Du coup, cher public, je te promets que je vais m'employer à organiser la chose. Je ne sais pas quand, je ne sais pas où, mais c'est promis-juré !

 Saladin 

11.03.2008

Déroulement

Je viens de passer un moment avec les étudiants en Droit de Lysias pour préparer la séance de jeudi.
Il en sort la proposition suivante :
Constituer deux équipes, l'une pro et l'autre contra, dans lesquelles se répartiraient tant les "candidats" que les "professionnels", qui se trouvent être par paires (Olivier Sers et Yves Sicard, Thibaut Rouffiac et Frédéric Mengès, etc.).
Du coup, le jury serait constitué par le public qui votera à la fin de la joute, en faveur de l'une ou l'autre équipe (verts ou rouges).
L'idée serait de donner la parole alternativement à un membre de chaque équipe, en commençant par les débutants (étudiants de Léonard de Vinci et outsiders), suivis par les Lysias, puis par les secrétaires de la Conférence et enfin par les "patrons" (Sers et Sicard), qui donneront le mot de la fin.
Le nombre total des participants n'est pas encore connu exactement, mais à l'heure qu'il est, il avoisinent la quinzaine, ce qui donne un temps de parole de quelques minutes par orateur.
Qui propose mieux ? 
 
Saladin