16.01.2008
La dernière causerie : L'"ennemi idéal"
Jeudi 21 février
À 19 H
À L'ALLIANCE FRANÇAISE
101 BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
MÉTRO N.D DES CHAMPS, ST PLACIDE
À L'ALLIANCE FRANÇAISE
101 BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
MÉTRO N.D DES CHAMPS, ST PLACIDE
Marwan Rashed
présentera
présentera
Faut-il étudier la philosophie arabe ?
ou : l'"ennemi idéal"
La chute de l’URSS a brutalement changé les modes d’orientation idéologique de nos contemporains. Les lignes du conflit politique se sont déplacées de la confrontation réelle entre les deux « blocs » à un choc fantasmé entre deux « cultures » ― que l’illettrisme ambiant, passés quelques stéréotypes, serait bien en peine de définir. Alors que l’URSS, son système économique, ses écoles scientifiques, son arsenal militaire et ses visées impérialistes était un véritable rival pour le modèle libéral occidental, on peut se demander ce qui suscite, de la part du monde arabo-islamique actuel ― puisque c’est bien de lui, avant tout, qu’il s’agit ― un tel déferlement d’anxiété dans nos pays.
Pourquoi des nations économiquement, politiquement, militairement et culturellement défaites sont-elles autant considérées comme une « menace » ou même un « ennemi » pour l’Occident ? Sans traiter les causes néo-coloniales évidentes, Marwan Rashed, professeur de philosophie et de grec ancien à l’ENS de la rue d’Ulm, tentera un coup de sonde dans la façon dont se sont mis en place, depuis environ deux siècles, au sein du monde académique européen, les cadres théoriques qui ont permis l’apparition médiatico-politique de l’« ennemi idéal ».
Cette analyse historiographique débouchera sur des propositions pour une nouvelle approche des relations culturelles en Méditerranée, et sur quelques suggestions touchant à l’enseignement de la philosophie arabe dans nos lycées et nos universités.
Quelques pistes bibliographiques :
Dimitri Gutas, Pensée grecque, culture arabe, le mouvement de traduction gréco-arabe à Bagdad et la société abbasside primitive : IIe-IVe, VIIIe-Xe siècles, Paris, Aubier 2005
Ernest Renan, Averroès et l’averroïsme (1861), Paris, Maisonneuve et Larose, 2002
Edward Saïd, L'Orientalisme : l'Orient créé par l'Occident, Paris, Seuil 1980
Javier Teixidor, Hommage à Bagdad, traducteurs et lettrés de l'époque abbasside, Paris, CNRS 2007
Dominique Urvoy, Histoire de la pensée arabe et islamique, Paris, Seuil 2006
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23.12.2007
10e causerie : Quand les Romains allaient en Chine
Jeudi 17 janvier
À 19 H
À L'ALLIANCE FRANÇAISE
101 BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
MÉTRO N.D DES CHAMPS, ST PLACIDE
À L'ALLIANCE FRANÇAISE
101 BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
MÉTRO N.D DES CHAMPS, ST PLACIDE
Jean-Noël Robert
présente
présente
Quand les Romains allaient en Chine
ou
La tentation de l'Orient
La tradition historique situe à l’époque de Marco Polo le temps où des Occidentaux auraient, pour la première fois, découvert la Chine et les contrées extrême-orientales.
Mais plus d'un millénaire avant ceux que nous considérons comme les héros des grandes découvertes, des Romains, pour la première fois en 166 de notre ère, ont abordé le rivage chinois après un long périple effectué par la route maritime. Il s’agit d’un exploit qu’il faut mesurer à l’aune des connaissances géographiques de l’époque, même si, pendant quelques siècles, la stabilité des grands empires qui composaient alors le monde autorisa de si lointains et périlleux voyages.
Dès le dernier siècle avant notre ère, on commence à parler, à Rome, de ce peuple lointain, les Sères, de leur pays, la Sérique, que l'on nomme du nom même de cette matière superbe et onéreuse, la soie – elle coûtait le prix de son poids en or, et les brocards importés de Sérique pesaient très lourd !
Voici d’ailleurs un paradoxe étonnant : les Romains du début de notre ère connaissent parfaitement bien cette matière brillante et très blanche qui ne peut provenir que de la région de Tch'ang-ngan, la capitale de l'empereur chinois, mais ils n'ont aucune idée précise sur la localisation de ce pays, ni sur les mœurs de ses habitants.
Pourtant, il ne fait aucun doute pour les Romains, pour les scientifiques comme Pline l'Ancien, pour les poètes, que la soie blanche provient de Sérique. On connaît d'autres types de soie, mais aucune n'a la blancheur, la souplesse de celle des Sères, et aucune ne prend aussi bien la teinture. L'amusant est que le secret de sa fabrication fut toujours jalousement gardé par les Chinois, et qu'il faudra attendre l'époque byzantine pour en être informé en Occident. Virgile et ses contemporains croyaient que les fils soyeux recouvraient les feuilles des arbres des forêts et que les Sères en détachaient « d'un coup de peigne leur mince toison » !
Quant aux Sères eux-mêmes, ils ont la réputation d'hommes épris de justice, produisant, outre la soie, du fer et des peaux ; ils commercent à la muette, c'est-à-dire qu'ils laissent les marchandises à distance de leurs interlocuteurs, lesquels s'approchent quand ils se sont éloignés pour déposer les produits proposés en échange, après quoi ils reviennent constater si le troc leur convient. Pline, qui donne ces précisions, est le seul à livrer à ses contemporains une description physique de ces farouches marchands : « ils dépassaient la taille ordinaire, ils avaient les cheveux rouges, les yeux bleus, la voix horrible, et ne parlaient pas aux étrangers. » Mais nous savons que Pline tient ces renseignements d'un ambassadeur de Taprobane (Ceylan), venu à Rome !
Cependant, à côté de ces pittoresques élucubrations, existe la réalité, celle de ces téméraires marchands romains qui affrontèrent les périls de la route maritime et parvinrent à la cour du Fils du Ciel en 166 de notre ère, en se faisant passer pour des ambassadeurs, probablement afin de s'assurer d'être reçus par l'empereur. Aucun texte latin ne nous parle de leur périple, mais ce sont les Annales chinoises des Han qui nous décrivent leur arrivée à la cour, avec des cadeaux de pacotille qui déçurent le souverain. Sans doute n'avaient-ils pas imaginé les fastes de l'Empire Céleste. En fait, ces Romains avaient seulement suivi des routes que les Arabes et les Indiens pratiquaient depuis longtemps, car ces derniers avaient déjà l'habitude de voguer pour leur commerce vers la Chine. Ils utilisaient les vents de mousson pour traverser la mer Érythrée ou le golfe du Bengale sans faire de cabotage.
On pourrait penser que les contacts entre l'Empire romain et celui de Chine furent exclusivement d'ordre économique. Ceci n'est pas tout à fait exact, même si les relations commerciales primèrent d'autres formes de rencontres. Υ partir du premier siècle de notre ère, une région d'Asie centrale connaît une effervescence religieuse et culturelle d'une ampleur nouvelle, celle du Gandhâra, au nord de l'Inde, qui appartient à l'Empire kouchan. Située au cœur des routes de la Soie, elle devient le carrefour des cultures du monde de l’époque.
C’est dire combien la richesse des échanges, bien réels, et tout à la fois l’attrait d’un inconnu qui fait rêver ont pu se conjuguer pour nourrir l’imaginaire des Romains en un temps où Rome prétendait s’affirmer comme la capitale du monde.
(Cf. Jean-Noël Robert, De Rome à la Chine, sur les Routes de la Soie au temps des Césars, Paris, Les Belles Lettres, 3e éd., 2005).
16:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.12.2007
Bon, et ce vin ?
Eh bien, ce n'est plus un secret, il y aura du vin romain (si, si !) en provenance de notre fournisseur qui est à Beaucaire, dans le Gard, et qui s'appelle le Mas des Tourelles. Il y aura du Mulsum et du Turriculae et même du Carenum qui va très bien avec le foie gras, mais le foie gras, vous l'apporterez vous-mêmes, parce que nous ne sommes pas des Américains, enfin pas tous. Si vous ne me croyez pas, allez vérifier sur son site Internet : http://www.tourelles.com/
19:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note











